Sunday, December 18, 2005
Le ministre Juvenal Uwilingiyimana aurait-il été retrouvé mort? (DH 18
décembre 2005)
Cadavre repêché du canal (18/12/2005)
Impossible avant lundi de dire s'il s'agit de l'ancien ministre rwandais disparu
depuis 3 semaines BRUXELLES Un corps sans vie a été repêché hier à Bruxelles
dans le canal de Charleroi. La découverte a été faite à hauteur de la place
Sainctelette. Le corps, très abîmé, a provisoirement été déposé à la morgue du
cimetière de Bruxelles. Une autopsie sera pratiquée.
Le corps flottait entre deux eaux. C'est une dame qui a prévenu la police. La
dépouille a été sortie de l'eau à hauteur du quai des Charbonnages par les
pompiers qui l'ont déposé sur le pont de la place Sainctelette, entre les
boulevards Baudouin et Léopold II. Elle y est restée jusqu'en fin d'après midi,
protégée par une couverture des regards curieux.
L'état avancé de décomposition trahit un long séjour dans le canal. Le corps est
celui d'un adulte mais il est si abîmé que c'est à peu près tout, à ce stade,
qu'on peut en dire. Impossible de déterminer même ne fût-ce que le
sexe.
Des policiers rappellent la disparition de l'ancien ministre rwandais Juvénal
Uwilingiyimana. Cet homme habitait avec sa famille à quelques centaines de
mètres en aval du canal de Charleroi. Le Rwandais âgé de 54 ans a disparu depuis
le 21 novembre.
Soyons clair: hier soir, aucun élément précis ne permet d'affirmer qu'il s'agit
ou non du ministre qui dirigea aussi les grands parcs nationaux rwandais entre
1990 et 1994. Mais on sait que l'avant-veille de sa disparition, Juvénal
Uwilingiliyimana a marché seul le long du canal, mais dans l'autre sens, du côté
d'Anderlecht où sa famille l'a finalement retrouvé à 2 h du matin. On le savait
dépressif alors que des accusations tardives avaient été lancées en août pour
son rôle dans le génocide et le
massacre de 4.200 compatriotes. Il niait cependant. Mais le tribunal pénal
international a lancé un mandat d'arrêt à son nom. Hier soir, le parquet de
Bruxelles se refuse à tout commentaire.
Gilbert Dupont
© La Dernière Heure 2005