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RWANDA: L'ancien ministre de l'Intérieur plaide non coupable
© Sukhdev Chhatbar/IRIN
L'ancien ministre de l'Intérieur, Callixte Kalimanzira (à droite), et son avocat,
Apolo Maruma, au Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha, en
Tanzanie, le 14 novembre 2005.
ARUSHA, le 14 novembre (IRIN) - Callixte Kalimanzira, le ministre rwandais de
l'Intérieur en fonction lors du génocide de 1994, a comparu lundi devant le
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et a plaidé non coupable des
trois chefs d'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité retenus
contre lui.
« Ces allégations ne sont qu'un tissu de mensonges », a déclaré M. Kalimanzira,
âgé de 52 ans.
Selon les statistiques officielles, quelque 937 000 Tutsis et Hutus
politiquement modérés ont été tués lors du génocide. Callixte Kalimanzira a
indiqué qu'il avait été attristé par ce qui s'était déroulé et a affirmé que
certains de ses amis proches étaient Tutsis.
« Je suis vraiment désolé pour les crimes qui ont été commis en Rwanda. »
Callixte Kalimanzira s'est rendu volontairement aux autorités le 8 novembre
dernier. Selon le réquisitoire du Parquet, M. Kalimanzira se serait rendu à
plusieurs reprises à la préfecture de Butare, dans le sud-ouest du Rwanda, afin
d'inciter des Hutus à tuer des Tutsis. Ces incitations auraient entraîné le
massacre de milliers de Tutsis.
« Le 23 avril 1994 (ou aux alentours de cette date), des milliers de civils
tutsis se seraient regroupés sur la colline de Kabuye, dans la commune de Ndora.
Callixte Kalimanzira les aurait personnellement encouragé à se réfugier sur la
colline, leur promettant protection et nourriture. Cependant, au lieu d'être
protégés, ils auraient été attaqués et tués par un Hutu en présence de M.
Kalimanzira », indique le réquisitoire
Le Parquet l'accuse également d'avoir incité des Hutus à organiser des barrages
routiers entre avril et juin 2004 qui ont entraîné la mort d'un grand nombre de
Tutsis. M. Kalimanzira aurait été souvent présent aux barrages afin de
superviser les opérations.
Depuis la création du TPIR, en 1994, 22 personnes ont été condamnées et trois
autres ont été acquittées.
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