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Habyarimana aurait été victime d'un complot international

RWANDA - 5 avril 2005 - PANAPRESS

 

L'attentat qui avait coûté le 6 avril 1994 la vie au président rwandais Juvenal Habyarimana, ressemble fortement à un complot international, a déclaré mardià Paris le colonel belge Luc Marchal, affirmant que 250 soldats américains se trouvaient alors au Burundi.

"Le directeur de Cabinet de Habyarimana avait indiqué, quelques heures avant l'attentat, que le president sentait qu'il était tombé dans un piège. D'autres éléments comme la présence de 250 à 450 soldats américains au Burundi depuis plusieurs semaines sont venus conforter la thèse du complot", a affirmé M. Marchal. Le colonel Luc Marchal qui commandait les casques bleus belges au moment du génocide, a également précisé avoir eu une conversation "troublante" avec l'ambassadeur des Etats-Unis au Rwanda peu de jours avant l'attentat.

"J'ai constaté avec surprise que l'ambassadeur américain avait quitté par la route Kigali peu après l'attentat. Il m'avait alors demandé de ne pas m'inquiéter pour les Américains du Rwanda. Il se disait capable, si nécessaire, de faire intervenir des troupes pour exfiltrer ses compatriotes", a dit l'officier belge.  "En tant que militaire, je sais que pour que des troupes soient pleinement opérationnelles, il faut qu'elles aient été prépositionnées depuis plusieurs semaines. Que faisaient ces militaires américains en ce moment ?", s'est interrogé le colonel Marchal.

L'ancien commandant des casques bleus belges au Rwanda a, en outre, révélé avoir travaillé avec une universitaire belge pour remonter l'origine des missiles tirés le 6 avril contre l'avion du president Habyarimana.  

"Le travail d'investigation que nous avons effectué montre sans la moindre erreur que les missiles proviennent des stocks ougandais et qu'ils sont de fabrication américaine. Lorsque vous ajoutez à tous ces détails le silence des puissances sur l'attentat, vous ne pouvez pas vous soustraire à la thèse du complot international", a insisté le colonel Marchal avant de tirer une salve contre les Nations unies. "J'aurais aimé que les Nations unies, qui ont exigé une enquête internationale sur l'attentat contre le Libanais Rafic Hariri moins de trois semaines après sa mort, fassent la même chose pour Habyarimana. Je constate avec regret que l'ONU pratique une politique de deux poids deux mesures, selon qu'il s'agit du Rwanda ou du Liban", a conclu le colonel Luc Marchal.

Une instruction judiciaire confiée au juge antiterroriste parisien Jean-Louis Bruguière avait, rappelle-t-on, conclu à la responsabilité du Front patriotique rwandais (FPR, actuel parti au pouvoir), provoquant une crise diplomatique entre Paris et Kigali.

Des fuites dans la presse avaient alors annoncé le lancement par la justice française des mandats d'arrêt internationaux contre des officiers du FPR dont des dignitaires du régime du président Paul Kagamé accuses d'avoir participé à l'attentat.

 

Le président Kagamé accusé dans l'attentat contre Habyarimana

 RWANDA - 5 avril 2005 - PANAPRESS

 Le commandant des casques bleus belges au Rwanda en 1994, le colonel Luc Marchal, et le journaliste d'investigation Charles Onana ont présenté mardi à Paris un livre mettent en cause le président Paul Kagamé dans l'attentat qui a coûté la vie au president rwandais d'alors Juvénal Habyarimana. Intitulé "Silence sur un attentat : le scandale du génocide rwandais", le livre est le fruit d'un travail d'experts internationaux constitués de Belges, d'Américains, de Canadiens, d'Africains et d'Espagnols sous la direction de Charles Onana.

"Plus de dix ans après les faits, ce dossier est devenu encombrant et très gênant pour l'ensemble de la communauté internationale", a déclaré Charles Onana propriétaire des Editions Duboiris qui ont publié l'ouvrage. Le livre est rendu public onze ans, jour pour jour, après l'attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana, déclenchant le génocide qui a entraîné le massacre de plus de 800.000 tutsis et hutus modérés.

Les co-auteurs du livre ont affirmé que le president Kagamé est personnellement impliqué dans cet attentat, accusant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de tenter d'étouffer la vérité sur l'attentat contre le président Habyarimana.

 

 

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