Déclaration conjointe du Sommet
Union européenne-États-Unis et fiche analytique de la Maison-Blanche sur
la promotion de la paix, de la stabilité, de la prospérité et de la
bonne gouvernance en Afrique.
Le 20 juin, les États-Unis et l'Union européenne ont publié une
déclaration conjointe dans laquelle ils réaffirment leur volonté
d'intensifier les efforts en appui aux nations démocratiques d'Afrique
et reconnaissent la responsabilité qu'a l'Afrique dans son développement
présent et à venir.
On trouvera ci-après le texte de la déclaration conjointe rendue
publique par les services de presse de la Maison-Blanche dans le cadre
du Sommet États-Unis-Union européenne qui s'est tenu à Washington et
celui d'une fiche analytique publiée à ce sujet par la Maison-Blanche.
Déclaration conjointe Union européenne-États-Unis sur une coopération
visant à promouvoir la paix, la stabilité, la prospérité et la bonne
gouvernance en Afrique.
Nous restons résolus à combiner et à accélérer nos soutiens à l'Afrique
et à ses dirigeants, tout en reconnaissant qu'il lui appartient au
premier chef d'assurer son développement présent et à venir.
Nous sommes convaincus que la solidarité est un principe essentiel qui
doit guider notre action et que, de concert avec tous les autres membres
de la communauté internationale, nous avons l'obligation d'appuyer les
efforts que déploie l'Afrique en faveur de la paix, de la stabilité, de
la démocratie et de la prospérité. Nous considérons que l'éradication de
la pauvreté est le principal objectif guidant nos relations avec le
monde en développement et, en conséquence, nous nous engageons à
accroître nos efforts en vue d'appuyer les initiatives de l'Afrique
subsaharienne pour réaliser une croissance économique durable et
atteindre les objectifs énoncés par la communauté internationale dans
les Déclarations du Millénaire.
Nous partageons le même espoir fondé sur la réalisation qu'il existe
aujourd'hui dans la plupart des pays d'Afrique un climat propice et des
dirigeants animés d'une volonté authentique d'améliorer la gouvernance
et d'une nouvelle détermination à résoudre les problèmes de l'Afrique.
Nous nous employons à appuyer les efforts de l'Afrique visant à répandre
la paix et la sécurité dans tout le continent. Dans ce contexte, nous
nous réjouissons qu'un nombre croissant de nations africaines se soient
engagées à organiser des élections démocratiques, préparant ainsi la
voie à un gouvernement plus représentatif. Améliorer le respect des
droits de l'homme et la gouvernance, consolider les processus
démocratiques et réformer le secteur de la sécurité sont des conditions
préalables indispensables au développement. Les nations africaines ont
intensifié leurs efforts en vue de résoudre les conflits et ont réalisé
d'importants progrès lorsqu'il s'agit d'établir leurs propres structures
de sécurité par le truchement de l'Union africaine et de son Conseil
pour la paix et la sécurité ainsi qu'au niveau sous-régional. Ensemble,
nous avons travaillé au renforcement de l'Union africaine et des autres
organisations régionales qui œuvrent à améliorer la stabilité en Afrique
et nous collaborons en ce qui concerne le plan d'action du G8 et de
l'Union africaine pour renforcer les moyens sous-tendant les opérations
d'appui à la paix. Nous tenons à continuer d'aider les opérations
d'appui à la paix en Afrique ainsi que l'ont fait l'Union européenne,
par le biais de sa Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique et des
contributions de ses États membres, et les États-Unis dans le cadre de
leur Initiative en faveur des opérations internationales de maintien de
la paix, en augmentant leurs contributions de façon à renforcer les
opérations de soutien à la paix et à appuyer les opérations en cours en
Afrique.
L'Union africaine et le NEPAD ont donné à l'Afrique une vision
ambitieuse et une stratégie pour le XXIe siècle. Nous travaillerons en
étroite collaboration avec l'Union africaine et serons un interlocuteur
politique clé dans la conduite de nos relations avec l'Afrique.
L'Union africaine et les organisations sous-régionales ont résolument
assumé leurs responsabilités et pris les choses en main pour résoudre un
grand nombre des conflits armés qui depuis trop longtemps affligent le
continent. Nous sommes disposés à contribuer à ces efforts de diverses
façons, notamment :
- en appuyant des processus généraux pour mettre en œuvre l'accord de
paix général au Soudan, accord qui pourrait concilier et accommoder les
aspirations de tous les éléments de la société et de toutes les régions
du pays tout en garantissant que l'on continue à lutter contre
l'impunité de ceux qui sont coupables d'atteintes au droit humanitaire
international et aux droits de l'homme. Il faut, en priorité, mettre un
terme à la violence et à la souffrance des centaines de milliers de
personnes au Darfour. Nous réaffirmons notre vigoureux soutien aux
responsables de l'Union africaine en vue de résoudre cette crise et
exhortons les parties à s'engager sans réserve à résoudre le conflit de
façon pacifique et à participer de façon constructive aux pourparlers
que parraine l'Union africaine à Abuja ;
- en réaffirmant notre appui continu au processus de réconciliation en
Somalie et en assistant le peuple somalien et les institutions du pays
pour qu'ils rétablissent la stabilité et une bonne gouvernance. Nous
appuierons aussi les efforts visant à résoudre l'impasse en ce qui
concerne la frontière entre l'Éthiopie et l'Érythrée. La stabilité, le
développement et la sécurité dans la région stratégique de la Corne de
l'Afrique dépendent beaucoup de l'évolution de ces deux situations ;
- en conjuguant notre appui à la stabilité dans la
région des Grands Lacs, notamment par le truchement du désarmement des
groupes armés, de la réforme du secteur de la sécurité en République
démocratique du Congo (RDC), d'une aide à l'organisation des prochaines
élections démocratiques au Burundi et en RDC et à l'observation
internationale de celles-ci, à une participation en vue d'assurer le
succès de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Nous avons demandé aux membres du Groupe de contact conjoint de
continuer à travailler ensemble afin de trouver des solutions aux
problèmes auxquels se heurte la région ;
- en continuant à appuyer une approche régionale à la paix et à la
sécurité en Afrique de l'Ouest dans le but d'améliorer la gestion des
conflits par la CEDEAO et, en particulier, en appuyant les efforts des
Nations unies et des Africains pour consolider le processus de
transition en Côte-d'Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée-Bissau,
et en encourageant la réconciliation nationale au Togo.
Pour que la paix et la sécurité règnent, pour encourager une gestion
transparente et responsable des affaires publiques, pour susciter la
croissance du secteur privé afin qu'il soit en mesure de fournir les
services essentiels, et pour que les ressources soient utilisées à bon
escient, il est essentiel que les États soient efficaces et bien
gouvernés. Nous appuierons le mécanisme d'évaluation des Africains par
les Africains qui pourrait se révéler un outil important pour apprendre
les uns des autres et déclencher des réformes au niveau national.
Les États-Unis et l'Union européenne notent avec une vive inquiétude que
la crise de gouvernance et des droits de l'homme au Zimbabwe continue,
ce qui a conduit à un quasi-effondrement de l'une des économies les plus
prometteuses de l'Afrique et a poussé de nombreux Zimbabwéens à fuir
vers les pays voisins. Nous demandons au gouvernement du Zimbabwe de
mettre fin à sa politique antidémocratique et d'engager un réel dialogue
avec toutes les parties. Nous prenons également note du fait que le
Zimbabwe risque de graves pénuries alimentaires et nous nous tenons
prêts, comme toujours, à aider le peuple zimbabwéen en lui offrant
vivres et autres formes d'aide humanitaire.
L'espérance de vie augmente sur tous les continents sauf en Afrique, où
elle diminue depuis vingt ans. Trop d'Africains continuent de succomber
au VIH/sida, au paludisme et à la tuberculose. Nous sommes résolus à
continuer de financer le Fonds mondial de lutte contre le sida, la
tuberculose et le paludisme. Nous reconnaissons l'influence de
l'éducation et de l'égalité entre les sexes sur l'espérance de vie et
sommes d'accord pour intensifier nos efforts dans ces domaines.
Nous nous engageons à œuvrer de concert pour pourvoir aux besoins
immédiats et remédier aux causes sous-jacentes des catastrophes
naturelles et diverses urgences complexes qui dévastent le continent.
Nous sommes notamment prêts à collaborer au niveau du processus
d'évaluation afin de nous assurer que les besoins sont identifiés de
façon précise et rapide, et que l'aide est ciblée de façon appropriée et
arrive à temps pour sauver des vies. Ensemble, nous nous engageons à
augmenter de toute urgence à la fois notre financement et nos
interventions dans ces urgences humanitaires.
Afin de trouver une solution à long terme au problème de la pauvreté et
de la famine en Afrique, nous allons coopérer avec l'UA/NEPAD afin de
soutenir son Plan général de développement agricole en Afrique qui
contribuera à intensifier la production et à multiplier les débouchés,
réduisant ainsi les risques pour les agriculteurs les plus pauvres de
l'Afrique. Nous nous engageons en outre à soutenir les efforts que l'UA
déploie dans le cadre du NEPAD en faveur de l'intégration économique
régionale en Afrique comme élément important des mesures d'augmentation
de la productivité agricole, et à accepter les exportations africaines
en franchise de douane sur nos marchés jusqu'en 2015. Nous allons, dans
cette optique, entreprendre des démarches pour promouvoir l'accession
des pays africains à l'OMC.
Ces promesses exigent des ressources. Elles devraient provenir de
diverses sources, comme prévu à Monterrey, notamment d'une augmentation
des investissements étrangers directs, du commerce, des versements
directs, de l'aide publique et des dons privés. Nous rappelons que les
pays en développement sont responsables de leur propre développement par
le biais d'une bonne gestion des affaires publiques, de la règle de
droit et de politiques rationnelles, et qu'il est fondamental que les
stratégies de développement soient conçues par les pays concernés. Nous
sommes prêts à augmenter notre aide financière à l'Afrique subsaharienne
pour l'aider à faire face à des besoins urgents, à promouvoir le
développement et la croissance économique, pour renforcer les bonnes
politiques et la bonne gouvernance, et pour soutenir ses efforts vers
les Objectifs du millénaire.
Dans le contexte actuel de la mondialisation, les événements qui se
déroulent sur un continent ont souvent des répercussions immédiates et
étendues sur les conditions de vie sur d'autres continents. La paix, la
stabilité et de meilleures perspectives économiques pour tous les
peuples de l'Afrique sont en conséquence dans l'intérêt des Américains
comme des Européens. L'Afrique devrait être accompagnée sur le long
chemin qui la mènera vers le développement social, politique et
économique durable.
(Fin de la déclaration commune)
(Début du résumé analytique)
La Maison-Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Washington, le 20 juin 2005
Sommet États-Unis-Union européenne : l'engagement envers l'Afrique
« Nous (...) prenons l'engagement commun d'aider les peuples de
l'Afrique à bâtir de solides institutions démocratiques et des économies
saines (...) »
Président George Bush
Washington, le 7 juin 2005
Déclaration É.-U.-UE
Les États-Unis et l'Union européenne sont résolus à unir et accélérer
leurs efforts à l'appui des nations africaines démocratiques tout en
reconnaissant que ce sont les Africains qui détiennent la clé du
développement présent et futur de leur continent. Nous sommes résolus à
coopérer avec les Africains et la communauté internationale pour
soutenir les efforts africains vers la paix, la stabilité, la démocratie
et la prospérité. En collaborant avec l'UA et certains de ses programmes
tels que le NEPAD, ainsi qu'avec des organisations régionales africaines,
nous affirmons et soutenons leur rôle au niveau du règlement des
conflits, et nous encourageons la démocratisation, la bonne gouvernance
et le développement économique durable. Nous continuons de mettre au
point des solutions à long terme aux problèmes sanitaires de l'Afrique,
à la pauvreté et aux urgences humanitaires telles que les famines par le
biais de l'aide, de l'allégement de la dette et de diverses initiatives
en faveur du développement.
Les initiatives des États-Unis en faveur de l'Afrique
Les États-Unis souhaitent que le monde entier tourne son attention vers
l'Afrique. Ils s'attachent à promouvoir la croissance à long terme et la
réduction de la pauvreté, tout en continuant de minimiser et prévenir
les crises humanitaires. Depuis 2000, les États-Unis ont triplé leur
aide à l'Afrique qui a atteint 3,2 milliards de dollars en 2004, et ils
ont récemment annoncé une contribution supplémentaire de près de 674
millions de dollars au titre des urgences humanitaires. Nous avons
accepté d'annuler la dette que nombre des pays les plus pauvres ont
contractée envers les institutions financières internationales. Le
gouvernement des États-Unis poursuit ses activités de développement en
faveur de l'Afrique telles que le Compte du millénaire, le Fonds d'aide
d'urgence à la lutte contre le sida, et la Loi sur la croissance et les
possibilités économiques en Afrique subsaharienne.
usinfo.state.gov