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Massacres de 1996- 1998 à l'Est de la RDC : des révélations sur l'enquête inachevée de l'ONU Le Potentiel (Kinshasa) 1 Novembre 2005 A.T. et SYLVAIN KAPUYA Fuyant la guerre intervenue en 1994 dans leur pays, plusieurs Rwandais se sont réfugiés à l'Est de la République démocratique du Congo. A l'arrivée des troupes de l'Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (Afdl) des versions faisant état des massacres perpétrés sur les Hutu rwandais avaient défrayé la chronique. L'enquête inachevée de l'Onu dévoile quelques secrets à ce sujet. Commis entre 1996 et 1998 à l'Est de la Rdc, les massacres que des témoins dénoncent depuis la récente découverte de fosses communes dans cette partie du pays, ont fait l'objet en 1997 d'une mission d'enquête de l'Onu jamais achevée et constamment entravée par Kinshasa, a-t-on appris de l'Afp. Mise sur pied par le Secrétaire général de l'Onu en vue d'enquêter sur les cas de violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire entre mars 1993 et avril 1998, l'équipe a conclu à l'existence de nombreux massacres de civils hutu et émis l'hypothèse d'une « intention » génocidaire. L'on se souviendra que l'équipe de cette enquête a été dirigée par le Togolais Atsu-Koffi Amega, qui était arrivé à Kinshasa en juillet 1997, moins de deux mois après la prise du pouvoir par l'Afdl. Quant à l'initiateur de l'enquête, elle a été recommandée par Roberto Garreton, rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme de l'Onu, qui avait « signalé des meurtres massifs de locaux et de Rwandais déplacés », perpétrés par l'Afdl de Laurent-Désiré Kabila. TEMOIGNAGES Dans son rapport, transmis en juin 1998 au Conseil de sécurité de l'Onu, l'équipe d'enquête avait conclu que l'Afdl et des éléments de l'Armée patriotique rwandaise ( Apr), avaient attaqué en novembre 1996, selon l'Afp, des camps dans le Nord-Kivu et le Sud- Kivu où se trouvaient des réfugiés. En ce qui concerne ces camps des réfugiés, notre source fait savoir qu'ils abritaient des centaines de milliers de hutu rwandais qui avaient fui la guerre en 1994. Dans le même ordre d'idées, le rapport ajoute qu'à l'automne 1996, de nombreux réfugiés qui fuyaient les attaques de leurs camps ont été pourchassés et exécutés à Mugunga et Shabunda au Sud-Kivu et aussi en province Orientale, à Tingi-Tingi, Kasese et Obilo. En outre, on rapporte que l'Afdl a commis de massacres d'un certain nombre de civils hutu congolais, dans des villages, situés dans la province du Nord- Kivu. Par ailleurs, le rapport affirme que les tueries se sont poursuivies jusqu'en mai 1997, à mesure de l'avancée de l'Afdl, notamment à l'Equateur, près de Mbandaka, où « des corps ont été retirés d'une fosse commune » en décembre, sur un site que l'équipe d'enquête s'apprêtait à visiter. A en croire le rapport, le but des attaques lancées contre les camps dans le Nord- Kivu en 1996 était en partie une façon de contraindre les réfugiés à regagner le Rwanda Après son départ de la Rdc, l'équipe a formulé des recommandations estimant que de futures investigations devraient notamment porter sur l'intention à l'origine du massacre des Hutu rwandais et congolais à partir d'octobre 1996.
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