|
| |
| Le Rwanda et l’Ouganda ont soutenu le non au
référendum constitutionnel en RDC
|
| La position du
Rwanda et de l’Ouganda, agresseurs de la RDC, face au processus de
démocratisation du Congo réapparaît suspecte au regard du soutien qu’ils ont
tenu à apporter aux tenants du non au référendum constitutionnel du 18 et 19
décembre dernier |
| Kinshasa ,
22.12.2005 | Politics |
 |
| |
| |
Ceux qui avaient suivi la revue de
presse de Rfi au lendemain de la fin de la campagne référendaire ont appris
la révélation du confrère français, L’Humanité (?) selon laquelle les
dirigeants rwandais et ougandais s’étaient alignés derrière le camp du non
au référendum constitutionnel congolais.
Leur souhait a poursuivi le confrère,
c’est d’obtenir un non qui pouvait ouvrir une longue période de navigation
à vue. Ce serait une situation d’incertitude dans laquelle tout pourrait
arriver. Cette position s’était alignée sur des revendications d’une
certaine opposition à la recherche d’une requalification de la transition.
Il se peut qu’aucun de ces deux
pays, le Rwanda et l’Ouganda n’est en droit, selon le nouveau contexte
international de mener une nouvelle guerre au Congo. S’attendre à une
nouvelle guerre ouvertement soutenue par ces deux pays, comme cela
s’était fait en août 1998, peut paraître dérisoire. Mais l’Ouganda et le
Rwanda peuvent obtenir des effets recherchés en aidant la Rd. Congo à
naviguer à vue d’œil. Car, tant qu’il n’y aura pas un gouvernement
démocratiquement élu, la Rd. Congo continuera à être considérée au plan
international comme un pays anormal.
Le malheur de l’Ouganda et du
Rwanda
Depuis que le Rwanda et
Ouganda dans des circonstances internationales qui se prêtaient bien,
ont soutenu d’abord la guerre de libération qui a conduit Mzée
Laurent Désiré Kabila au pouvoir et la guerre d’agression qui a fait
que les anciennes rébellions en dépit des crimes de guerre en leur
compte sont installés aux premières loges du pouvoir, beaucoup de
politiciens congolais ont compris que Kigali et Kampala pouvaient
canaliser leurs ambitions politiques. On a vu ainsi le « lider
maximo », président national de l’Udps se rapprocher de Kigali au
point d’en devenir un allié objectif. Ce rapprochement était à la
base de l’éphémère marché des dupes entre l’Udps et le Rcd. A ce
jour, entre les deux partis politiques il n’y a presque plus rien.
Les enjeux de la transition ont divisé l’Udps et le Rcd. La promesse
ferme de Ruberwa de tout faire pour que l’Udps entre dans les
institutions de la transition avait entamé le capital confiance que
l’Udps avait sur les dirigeants du Rcd. L’enrôlement et
l’identification des électeurs d’abord et les opérations
référendaires proprement dits ensuite, ont éloigné définitivement
les deux partis politiques. Cette tendance de Ruberwa et son parti à
jouer finalement à fond, malgré eux le jeu démocratique, n’est pas
du goût de Kigali. Ce dernier avait donc tenté de susciter d’autres
leaders avec la bande à Bizimana Karahamuheto, Nkundabatware et
autre Mutebusi pour maintenir le Congo en Etat de guerre.
Cela a échoué certes, mais
on ne peut pas croire que Kigali et Kampala sont prêts à faire bon
cœur contre mauvaise fortune. Les observateurs avertis pensent que
ces deux capitales ont enfin mis leur dévolu sur les aigris de la
transition qui, tous se retrouvent dans le camp du non ou du
boycott. Le malheur de Kigali et Kampala c’est d’avoir justement
choisi un mauvais cheval. Ils ont travaillé avec des politiciens
peu crédibles ou qui avaient cessé d’être crédibles. Le non est en
voie d’échouer. Il est vrai que les résultats donnés par la
commission électorale indépendante ne sont que des tendances. Mais,
plus de 70 % des voix sont encore à rassembler avant leur
proclamation officielle. Cependant, on ne voit pas le non
renverser la vapeur surtout en province où le vote pour oui a été
massif. Mais que va-t-il arriver ? Il ne faut pas être distrait.
Après l’échec du boycott et du non, on peut craindre que les
mauvais perdants de toujours se comportent en fauves blessés au
point d’être capables de jeter le pavé dans la marre. La
communauté internationale qui sait que souvent les dirigeants de
Kigali et de Kampala ne s’encombrent que très peu de scrupules,
doit tenir Kigali et Kampala à l’œil. Tout peut arriver mais aussi
tout peut être évité.
Le langage du
référendum
Une bonne façon de
contrer Kigali et Kampala, c’est de sensibiliser les Congolais
contre les chants de sirènes. Les résultats du référendum,
même partiels, ont démontré que les provinces sont immunisées
contre les charlatans politiques. C’est grâce à cette grande
prise de conscience que les provinces de l’Est ont opposé une
farouche résistance aux agresseurs. A Kinshasa, on n’a pas eu
la tâche facile. On doit cependant féliciter le forcing
parfois individuel de certains politiciens. Ils ont tant bien
que mal fait comprendre à la population kinoise le bien fondé
d’aller voter et surtout de ne pas se tromper en votant pour
non. N’eut été ce travail, Kinshasa nageant dans l’ignorance,
allait sombrer dans le non. Autant les Etats major des partis
politiques doivent comprendre le rôle des provinces dans le
jeu politique en cours et à venir, autant ils doivent
comprendre que le travail politique à Kinshasa est à faire.
Pour ce faire, on doit savoir qui est qui et qui peut faire
quoi avec suffisamment de succès. Le temps de la politique
amusement est révolu,
(Jdn)
|
| L’Avenir |
|